L'Orchestre des doigts de Osamu YAMAMOTO
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Broché: 244 pages
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Editeur : Kankô (2 novembre 2006)
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Collection : KANKO
- 4 volumes série finie (Wagayubi no Orchestra)
Présentation de l'éditeur :
Tome 1
Takahashi rêve de partir étudier la musique en France. Faute d’argent, il doit y renoncer. On lui propose alors d’enseigner à l’Institut d’aveugles et de sourds-muets
d’Osaka. Auprès des enfants sourds-muets, il pénètre dans un monde inconnu. Ces enfants ne connaissent pas la musique, ne savent même pas qu’elle existe ! Takahashi se sent investi d’une grande
mission, et il oublie ses désirs égoïstes pour tenter de faire naître la musique dans les cœurs de ces enfants. Il prend sous son aile le jeune Issaku, un garçon violent muré dans le silence et
les coups. Ensemble, ils apprennent la langue des signes.
Inspiré d’une histoire vraie, ce manga aborde d’une manière très touchante la discrimination envers les sourds-muets. En effet, la langue des signes a été très longtemps
reniée au Japon.
Les illustrations réalistes, comme le rythme narratif basé sur l’effort et la répétition donnent à ce manga une grande puissance émotionnelle. La relation entre Takahashi
et Issaku est touchante, tous deux ont soif de justice et de communication. On peut cependant regretter que cette relation soit si exclusive, car les autres élèves de l’école passent
inaperçus.
La deuxième partie du manga est assez mélodramatique, Issaku rentre dans sa famille où il est injustement accusé de vol. Il se fait battre, notamment par sa mère, qui
s’enfuit après l’avoir ramené à l’école, rongée par la culpabilité.
Tome 2
Dans ce deuxième volume, on retrouve Takahashi à l’école des enfants sourds-muets. Confronté à l’ignorance des parents et à la souffrances des enfants, ce jeune passionné
de musique tente de rétablir la communication grâce à la langue des signes. Il prend conscience de la puissance musicale de cette langue en racontant une histoire aux enfants. Tel un chef
d’orchestre, ses gestes sur lesquels tous les yeux sont concentrés, font naître des émotions. Parallèlement, un homme fait des recherches sur la méthode oraliste. En arrière plan, la révolte du
riz fait rage dans les rues. La haine des ouvriers contre les propriétaires terriens, qu’ils accusent de cacher du riz pour en faire monter le prix, se reproduit dans la cour d’école. Certains
enfants, affamés et révoltés, prennent pleine conscience de la place difficile qu’ils auront à tenir dans le monde, en tant que citoyens sourds-muets.
Tome 3
Issaku est parti à Tokyo pour devenir professeur. Là-bas, suite au grand tremblement de terre survenu le 1er septembre 1923, il est témoin des persécutions menées par la
police et la population contre les Coréens et les sourds-muets. Lui et Takahashi, devenu directeur, sont décidés à lutter contre cette discrimination, en mettant au point une méthode utilisant
autant la gestualisation que l’oralisation. En cela, ils vont à contre-courant des pratiques lancées par Nishikawa qui rejettent totalement les signes.
Tome 4
En 1929, Kiyoshi Takahashi a 35 ans. Il dirige fermement l’école pour enfants sourds-muets d’Ôsaka, où il préconise un apprentissage de la langue des signes associé aux
nouvelles techniques de production de sons. Mais dans tout le Japon, c’est l’époque de la victoire de l’oralisme, qui veut forcer tous les sourds à parler, au prix de l’abandon de la langue des
signes. Seul à présent, Kiyoshi décide de résister.
Ce quatrième volume conclut l’historique de l’éducation des sourds dans la première partie du vingtième siècle. Yamamoto retrace avec précisions les débats qui font rage
entre les deux tendances du moment, et pose la question de façon politique : vouloir faire parler un sourd-muet, est-ce la recherche d’un miracle ou la discrimination envers une minorité ? On
découvre un univers, décrit avec réalisme et sincérité.
Mon avis :
C'est un superbe manga. Le monde et la culture sourde me touche énormement. Ce manga a donc été une très belle découverte. Il montre l'histoire de la culture sourde de 1914 à 1945 et les
diffucultés des deux courants. Méthode gestualiste contre oralisation...Laquelle est la mieux ? Il y a des pour, des contre mais au final, c'est le bien être des sourds qui est en jeu, leur
intégration à la société, leur bonheur.
La petite note en plus va à la présence d'Helen Keller dans ce livre (femme sourde, muette et aveugle américaine).
"Que mes doigts engendrent la musique dans le coeur des enfants".