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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 08:41
Les trois soeurs et le dictateur
  • Auteur : Elise FONTENAILLE
  • Broché : 65 pages
  • Editeur :Editions du Rouergue jeunesse
  • Collection : DoAdo
  • A paraître en janvier 2014
 
Mon avis :
 
C’est l’histoire de trois sœurs mortes (Minerva, Patria et Maria-Teresa) contée par Adela, la petite dernière à Mina la petite fille de Minerva. Le lieu : la République Dominicaine d’où le père et toute la famille de Mina sont originaires. Seul son père s’est exilé aux Etats-Unis.
Grace à Adela, Mina va découvrir ses origines et les fantômes du passé.
 
Les trois sœurs Mirabal sont des figures incontournables en République Dominicaine. Héroïnes et martyrs de la lutte contre le dictateur Trujillo, elles furent surnommées les sœurs « papillons » (« mariposas »).
 
Minerva fut remarquée à cause de sa beauté par le dictateur. Une nuit où elle était invitée chez lui et où elle était venue avec toute sa famille, elle s’enfuit subitement avec ces derniers. Jamais personne n’avait osé résister au dictateur sans mourir. Des militaires arrêtèrent son père quelques semaines plus tard et elle alla supplier Trujillo de le laisser en vie, chose qu’il accepte si elle gagne aux dés. La chance est avec elle. Elle obtient la libération de son père (une première) et le droit d’étudier le droit à l’université. La nouvelle se répand dans tout le pays. Lors de l’obtention de son diplôme, Trujillo refuse de le lui donner et le déchire. C’est à ce moment là qu’elle décide de rentrer en résistance contre lui. Ses deux sœurs la suivront. Minerva y rencontrera son mari et donnera naissance à un fils, le père de Mina.
Figures respectées par toute la population dominicaine, Trujuillo cherchera par tous les moyens à obtenir sa vengeance contre ces trois sœurs qui lui ont tenu tête. C’est sur une route de montagne, à l’abri des regards, qu’elles perdirent la vie après leur assassinat fut maquillé en accident.
 
Je ne connaissais pas l’histoire dominicaine et par conséquent les trois sœurs Mirabal.
Ce livre a été une très enrichissante découverte pour moi car, en plus d’avoir leur histoire romancée, l’auteur a glissé des photos prises par elle-même dans leur maison transformée aujourd’hui en musée.
Ces trois figures fortes de la résistance sont merveilleuses à découvrir. Leur courage, leur force, leur détermination ont ébranlé un régime qui faisait régner la peur et verser le sang de façon cruelle et arbitraire.
Leur courage est à porter à la connaissance de tous !!
 
Un grand merci aux éditions du Rouergue jeunesse et à Pauline pour cette merveilleuse découverte en avant-première.
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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 17:20

Ca fait si longtemps que je n'ai pas été taguée que j'ai sauté de joie en voyant ce tag arriver :)

http://unjourunlivre-actu.blogspot.fr/2013/11/un-jour-un-livre-obtient-un-liebster.html

Merci à MissMyMooReads :)

Voici les questions :

1- Qu'est ce qui t'inspire ?

Une bibliothèque ancienne pleine de vieux livres comme l'on peut trouver dans les départements de conservation de la BnF. C'est le paradis selon moi :)

2- Si ta vie serait une couleur, quelle serait-elle ?

Mauve, j'aime bien le mauve. C'est coloré sans être flashy, c'est doux sans être fade et ça passe partout. (et bleu aussi...)

3- Cite une chose qui vraiment t'énerve

Il y en a tellement mais ce qui me vient à l'esprit à cet instant est le manque de respect des gens face au travail des bibliothécaires. Une bibliothèque, c'est RANGE !! Je passe des heures à ranger des livres ou DVD déclassés. Si vous venez dans une bibliothèque, c'est que vous connaissez votre alphabet non ??!!! Alors UTILISEZ LE !!! Et surveillez vos enfants qui font n'importe quoi. Merci pour nous et pour les autres usagers.

4- Que souhaites tu le plus au monde ?

Que toute ma famille aille bien et avoir un bébé.

5- Quel est le sujet d'actualité dont tu ne veux plus entendre parler ?

Les hausses d'impôts.

6- Que n'oserais-tu jamais faire ?

Sortir habillée comme l'as de pique (veste à pois ou à carreaux dans le style clown).

7- Quel est ton livre préféré ?

Aïe, j'en ai deux mais bon, elles sont de la même famille. En premier, ce serait Wuthering Heights d'Emily Brontë et en deuxième Jane Eyre de Charlotte Brontë.

8- Quel est ton principal talent ?

De bien connaître mon métier que j'ai appris seule avec des directions données par de gentils collègues que je remercie profondément.

9- Quel est le lieu où tu voudrais être, là, maintenant ?

Chez mes parents avec mon mari et le chat de mes anciens voisins.

10- Cite une chose simple de la vie qui te fait sourire

Regarder le chat de mes anciens voisins jouant avec une ficelle.

11- Quel est l'accomplissement dont tu es la plus fière ?

La réussite en 2005 de mon concours externe de la fonction publique territoriale.

Je tag toute personne voulant faire ce tag :)

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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 17:13
  • Auteur : John Green
  • Broché: 330 pages
  • Editeur : Fernand Nathan (21 février 2013)
  • Collection : GRAND FORMAT
Résumé :
C'est l'histoire d'Hazel Grace, 16 ans, et d'Augustus, 17 ans. Lorsqu'ils se rencontrent, Hazel est atteinte d'un cancer incurable : selon ses propres mots elle est «une grenade dégoupillée» qui a peur d'exploser. Augustus, lui, est en rémission et il a peur de l'oubli comme un aveugle a peur du noir. Leur complicité pleine d'humour nous entraîne par delà leur maladie dans une magnifique histoire d'amitié et d'amour qui nous fait furieusement aimer la vie... et on en redemande.

Ce sont deux personnages qui ont énormément d'humour et qui partagent le même regard sans concession sur leur maladie, sur la vie [...] Ils ont une façon très très vivante d'être là et c'est ce qui m'a énormément plu dans ce livre. C'est d'abord un livre sur la vie, [...] à la fois intelligent et sensible, émouvant et drôle, des termes qui vont difficilement ensemble. Il faut un énorme talent pour écrire ce genre d'histoire. Ces livres-là ne supportent pas la médiocrité et John Green a un talent qui emporte tout sur son passage.»

CÉLINE CHARVET Directrice éditoriale

Autobiographie :
Né en 1977 à Indianapolis, John Green pourrait lui-même être un personnage de roman. Commentateur sur la radio nationale NPR, critique pour la presse, il a réalisé avec son frère Hank un des projets de vidéos en ligne les plus connus au monde (youtube.com/vlogbrothers) et 1,3 million d'abonnés le suivent sur Twitter.
Écrivain reconnu, il a reçu plusieurs récompenses, dont le prix d'honneur du Michael L. Printz Award pour son roman Qui es-tu Alaska ? Il a eu l'idée de Nos étoiles contraires alors qu'il travaillait comme aumônier dans un hôpital pour enfants. Il vit aujourd'hui à New York avec sa femme et son fils.
Cf : Amazon.fr
Mon avis :
Voici un roman qui n’a pas laissé insensible le monde de la blogosphère. De nombreux avis ont été émis et pour la plus grande partie de façon élogieuse.
Personnellement, je me suis beaucoup attachée à Hazel notamment à cause de sa personnalité vive, percutante et drôle malgré la maladie des poumons qui la frappe. Son cynisme peut dérouter de prime abord mais son intelligence prend vite le dessus et la rencontre avec Augustus est fabuleuse. D’ailleurs, comment ne pas être cynique quand vous avez le cancer si jeune ?
Hazel fait découvrir à Augustus son amour pour le seul et unique livre de Peter Van Houten, Une impériale affliction. Elle veut savoir ce que sont devenus les personnages après la fin abrupte du roman. Cette quêt les mènera jusqu’au Pays-Bas où Amesterdam est décrite avec beaucoup de poésie ainsi que les scènes entre Hazel et Augustus. Cette poésie fait oublier la vie compliquée que mène Hazel avec sa canule et ses bonbonnes d’oxygène ainsi que la surprotection de sa mère qui sait qu’elle va perdre son seul et unique enfant. C’est Augustus qui va lui réapprendre à aimer la vie, les autres et elle-même. C’est un personnage charmant et charmeur qui va permettre à Hazel de vivre de nouvelles expériences. Il nous administre une magistrale leçon de vie, celle de profiter de chaque instant, réaliser nos rêves car nous ne connaissons pas notre avenir. Survivant d’un cancer et amputé d’une jambe, il apparaît à chaque instant joyeux et positif même que la maladie le rattrape.
Le tour de force de John Green est de parler du cancer sans le rendre dramatique voire même d’en parler parfois avec humour. La littérature et les livres jouent un rôle de fil d’Ariane et constituent la clé de voute du roman avec la maladie. L’écriture, tout en finesse, est agréable et fait passer une large palette d’émotions. L’histoire est belle, poignante et triste. Ce livre est un éloge à l’amitié, l’amour et la vie !!
Nos étoiles contraires
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Published by Melainebooks - dans Romans adolescents Cancer
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25 octobre 2013 5 25 /10 /octobre /2013 07:24
  • Auteur : Philippa Gregory
  • Broché: 320 pages
  • Editeur : Gallimard Jeunesse (8 novembre 2013)
  • Collection : Grand format littérature
Résumé : Rome, 1453 : Luca Vero, dix-sept ans, est arraché de son monastère par le représentant d'un Ordre mystérieux, qui agit au nom du pape. L'homme lui confie une mission cruciale : repérer dans le monde chrétien l'hérésie et la sorcellerie. Accompagné d'un serviteur drôle et dévoué, Luca se rend dans un couvent près de Rome où se passe des phénomènes étranges depuis l'arrivée d'Isolde, la nouvelle abbesse : les soeurs semblent frappées de folie et portent des stigmates. Tout semble accuser Isolde et sa servante maure. Les deux jeunes filles risquent le bûcher...
Cf : Amazon.fr
Mon avis :
Le postulat de départ n'est pas novateur : nous sommes en 1453, époque où tout l'Occident rotait à la proche fin du monde. C'est donc à cette époque que Philippa Gregory a décidé de situer son histoire. Engagé dans une mission par le Saint Siège de traquer les peurs et de comprendre ce quid e passe dans la chrétienté, Luca devient à 17 ans inquisiteur. Il a été recruté pour sa vivacité d'esprit et sa curiosité du monde qui l'entoure. En effet, c'est également à cette période que le monde ottoman, et surtout sa science, se développe, laissant loin derrière l'obscurantisme moyen-âgeux de l'Occident.
Qui dit roman sur le Moyen-Age, dit Eglise. Là encore je souligne le côté non novateur. De par les événements se déroulant dans l'abbaye des soeurs, j'ai trouvé l'auteur timoré. Je m'attendais à plus de noirceur, de mystère. La "lumière" de l'extérieur m'a gênée car le Moyen-Age de l'Eglise est synonyme d'obscurantisme. Je pense que c'est un parti pris de l'auteur. Néanmoins, j'ai trouvé l'enquête très plausible et agréable à suivre. En revanche, la deuxième histoire m'a paru cousue de fil blanc car reprenant une histoire déjà entendue (ou lue) bref elle manquait cruellement d'originalité à mon goût.
Le style et la traduction sont fluides et très agréables à la lecture. J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce tome 1 et je suis curieuse de découvrir la suite afin de découvrir si Philippa Gregory prendra plus de risques ou que les histoires s'étofferont.
Pour les lecteurs plus âgés ou souhaitant des histoires plus noires, je vous conseille les romans de Ken Follett, Umberto Eco et Romain Sardou.
Merci aux éditions Gallimard pour cet envoi.
Le mystère Isolde
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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 16:35

  • Auteur : Annelise Heurtier
  • Broché: 217 pages
  • Editeur : Casterman (29 mars 2013)
  • Collection : ROMANS GRAND FO
Description de l’ouvrage :
Extrait
Mai 1954

Ms Carter jeta un regard circulaire dans la classe. C'était une petite femme gironde, au regard clair et pénétrant, qui enseignait au lycée Horace-Mann depuis une dizaine d'années. Elle demanda :
- Alors ? Est-ce que l'un d'entre vous souhaite se porter volontaire ?
Personne ne répondit. Une mouche entra par la fenêtre ouverte et fila droit sur le professeur, qui la chassa d'un mouvement de bras.
Après quelques secondes d'attente, Ms Carter rassembla les feuilles étalées devant elle et les classa dans une chemise de carton gris.
- Très bien. Alors passons à autre chose.
La mouche revint zigzaguer autour des cheveux du professeur, avant de se poser sur un coin de son bureau.
C'est à ce moment-là que Molly Costello sentit son bras se lever. D'abord doucement, puis plus sûrement, jusqu'à ce qu'il atteigne sa position définitive, l'index pointé vers le plafond décrépi.
Ms Carter, occupée à distribuer des polycopiés, ne la repéra pas tout de suite. C'est Trevor Forman, un redoublant de treize ans, qui le lui fit remarquer :
- Hey, Molly, t'es cinglée ou tu veux juste signaler que le plafond est complètement pourri ?
Quelques rires fusèrent et Ms Carter fit volte-face, laissant tomber ses lunettes sur sa blouse amidonnée. Elle lança à la jeune fille un regard interrogateur :
- Oui, Molly ? Que se passe-t-il ?
- Je suis d'accord.
- D'accord pour quoi ?
- Pour tenter l'expérience.
Ms Carter s'immobilisa. Les sourcils froncés, elle fixait Molly, qui eut du mal à interpréter son comportement. Surprise ? Fierté ? Inquiétude ou désapprobation ?
- Tu en es bien sûre ?
Molly hocha la tête, sous l'oeil médusé de ses camarades. À ses côtés, son amie Suzanna chuchota :
- T'es pas sérieuse ? Tu vas pas faire ça ?
Molly haussa les épaules. Après tout, elle ne risquait pas grand-chose. Entre une décision de justice et la réalité, il y avait un monde à traverser.
Et puis, qui sait ? Si jamais ça se produisait, c'était quand même un truc à ne pas laisser passer.
Biographie de l'auteur :
Quand Annelise Heurtier était une fringante ado (sans rides, sans chef et sans enfants !), elle partageait son temps entre les compétitions de gymnastique, le lycée et les bouquins. Elle lisait à peu près tout ce qui me tombait sous la main ! Maintenant qu'elle est une raisonnable maman de trente-quatre ans, elle se sent bien trop vieille pour jouer les aventurières sur une poutre, alors, en plus de continuer à lire, elle s'est mise à écrire ! Et le plus fou, c'est que ça a marché, la preuve, vous venez de terminer un de ses romans. Prêt à recommencer ?

Annelise Heurtier signe avec Sweet Sixteen, après Le Carnet rouge et La Fille aux cheveux d'encre, son troisième roman chez Casterman. Elle habite à Papeete, en Polynésie française.
Cf : Amazon.fr
Mon avis :
Annelise Heurtier nous emmène en 1957 à Little Rock dans l'Arkansas où la ségrégation bat son plein. Cette année là, la ségrégation dans les écoles est abolie et le maire doit intégrer 9 Afro-Américains dans un lycée avant réservé exclusivement aux Blancs. Le gouverneur s'en mêla tout comme la garde nationale puis le président Eisenhower lui-même qui envoya l'armée pour assurer la sécurité de ces 9 élèves.
Constamment harcelés, les neuf élèves se voient affecter chacun un militaire de la 101e comme garde du corps. Ils seront baptisés "les neuf de Little Rock".
Ce que l’auteur nous montre dans ce roman est d’une importance capitale selon moi. Nous connaissons tous le pasteur Martin Luth King Jr, Rosa Parks et leur lutte pour la reconnaissance des droits civiques des Afro-Américains surtout dans les états du sud des Etats-Unis. En revanche, peu de personnes connaissent ces 9 adolescents qui par leur courage et leur abnégation ont, pendant un an, étaient à l’école avec la peur et le harcèlement quotidien tout cela pour faire respecter la loi qui disait que les Noirs et les Blancs avaient le droit d’être éduqués dans les mêmes écoles. C’est leur courage qui est pointé ici, leur force mentale et j’avoue avoir beaucoup d’admiration pour eux car je ne pense pas que j’aurais été capable de subir autant de pression à l’école et en dehors avec des intimidations très violentes.
Il est à noter que l’auteur décrit également le malaise chez certains Blancs via le personnage de Grace qui se questionnent sur la ségrégation qui sévit dans le sud et ceci grâce à la double narration.
C’est la double narration qui, selon moi, donne le plus de force à ce roman. Les deux jeunes filles nous montrent les idées, les envies et l’incompréhension de part et d’autre des deux communautés. Leurs émotions filtrent page après page, happés par les réalités historiques bouleversantes. Elles rendent compte de plusieurs anecdotes du quotidien qui amènent le lecteur à réfléchir (par exemple : le domestique noir présent à une réception mais qui paraît pourtant complètement invisible).
Le terme « Sweet sixteen » désigne le passage à l’âge adulte ce qu’illustre parfaitement ce récit.
Annelise Heurtier brosse un portrait de l’Arkansas des années 1950 et plus largement de l’Amérique sudiste. Rosa Parks est déjà montée dans le bus et le pasteur Martin Luther King Jr va bientôt intervenir. La lutte pour les droits civiques est en marche et ne s’arrêtera plus. Molly (prénom ré-inventé) en fera également partie.

Sweet sixteen
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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 12:30
  • Auteur : Ruta Sepetys
  • Poche: 448 pages
  • Editeur : Gallimard Jeunesse (17 octobre 2013)
  • Collection : Scripto

Biographie de l'auteur :

Ruta Sepetys est née dans le Michigan où elle a été élevée dans l'amour de la musique et des livres par une famille d'artistes. Elle étudie la finance internationale et vit quelque temps en Europe (Paris). Puis elle part pour Los Angeles afin de travailler dans l'industrie de la musique. Aujourd'hui mariée, elle vit dans le Tennessee, à Nashville, avec sa famille.

Description de l’ouvrage :

Années 50 à La Nouvelle-Orléans. Josie Moraine, dix-sept ans, n'a pas tiré le gros lot. Fille d'une prostituée qui n'a rien d'une mère attentionnée, elle grandit dans une maison clause du Quartier français, celui de la mafia, des affaires louches et des gens sans avenir. Pourtant, Josie a un rêve : quitter cette ville, surnommée « The Big Easy » et pourtant si peu « easy », pour entrer à Smith, prestigieuse université du Massachusetts. Impliquée dans une histoire de meurtre, dépouillée par sa mère et endettée, tout pousse la jeune fille à suivre, elle aussi, la voie de l'argent facile. Mais Jo vaut mieux que cela... et ceux qui l'aiment le savent bien.

Cf : amazon.fr

Mon avis :

L’action se passe dans le quartier français de la Nouvelle-Orléans en 1950 de janvier à février (Mardi gras).

Nous sommes dans l’Amérique sudiste post Seconde Guerre Mondiale : elle s’ouvre à l’âge d’or et aux rêves de l’American way of life.

Nous suivons Josie « Jo » Moraine fille d’une prostituée fantasque et irresponsable ayant grandi sans père dans des maisons closes notamment celle de Willie qui est devenue au fil du temps sa protectrice.

Cernée par la mafia locale, l’alcool, la dépravation, la criminalité, Jo aiguise son intelligence et son sens accru de la répartie dans la librairie de Charles Marlowe où elle se réfugie depuis ses 8 ans et y travaille à mi-temps. C’est son havre de paix, sa bulle d’air où elle peut lire tout ce qu’elle veut. C’est avec les livres et l’intelligence comme armes que Jo veut se sortir du déterminisme social dans lequel elle semble engluée. Ainsi rêve-t-elle d’étudier à la prestigieuse université de Smith dans le Massachusetts, quitter la ville et se libérer de l’emprise de sa mère. Malheureusement, c’est à cause d’elle et de son petit ami gangster Cincinnati que les choses vont mal tourner pour Josie qui se retrouve engluée involontairement dans une histoire de meurtre.

En plus de Jo et ses « amis », la force du roman réside dans le quartier français qui est l’un des acteurs principaux de l’ouvrage.

L’auteur imprègne son roman de l’atmosphère si particulière de la Nouvelle-Orleans et de ce quartier à l’ambiance feutrée des maisons closes où le climat goguenard et gouailleur.

L’histoire nous plonge dans une action haletante avec un suspense redoutable ; l’intrigue est extrêmement bien ficelée avec des personnages ambigus noircissant encore plus l’action et ses rebondissements et l’ambiance déjà terrifiante de ce quartier. L’engrenage, dans lequel Josie est prise, semble inextricable.

La lecture de ce roman m’a fait écho au film « La fureur de vivre » et particulièrement au personnage de Jim Stark car les thèmes abordés sont semblables : l’éclatement de la cellule familiale, le deuil de l’enfance, la responsabilité des adultes déficients et une jeunesse en crise.

Big Easy
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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 12:15

Auteur : Gérard Streiff
Broché: 160 pages
Editeur : Oskar (23 août 2011)
Collection : Histoire et Société
Description de l’ouvrage :
L’histoire étonnante d Hans Heisel, soldat de la Marine allemande. Incorporé en 1940 après sa formation de radio télégraphiste, il débarque à Paris et devient ami avec un coiffeur français. Mais un soldat allemand ne doit pas sympathiser pas avec l ennemi. « Quand on est soldat, on ne doit pas avoir ce genre de pensées. On doit se contenter d exécuter les ordres. Et si on exécute bien les ordres, on est un bon soldat ». Grâce à cet ami, Hans Heisel découvre la face cachée de la guerre : les déportations de Français vers l Allemagne, les camps de concentration, des exécutions... Hans Heisel comprend alors qu il est complice d un immense crime organisé par le régime nazi. Pour suivre ses convictions, il lui faudrait trahir son armée, son pays...
Biographie de l'auteur :
Gérard Streiff est né en 1949 à Moyeuvre en Moselle et vit à Ivry dans le Val-de-Marne. Diplômé en Sciences Politiques, il est journaliste d investigation, essayiste et romancier français. Il écrit surtout des polars et des biographies. Avec des romans engagés, documentés, et souvent en prise directe avec l’histoire, l’oeuvre de Gérard Streiff se situe dans la lignée de Didier Daeninckx et Pierre Bourgeade, deux auteurs qu’ il vénère. Il signe ici son deuxième roman aux éditions Oskar, après L espion qui a vaincu Hitler, Richard Sorge.
Cf : Amazon
Mon avis :
Ce roman, assez court, propose une vision de la guerre méconnue : les soldats allemands participant activement à la résistance française.
Hans Heisel travaille au Ministère de la marine à Paris. C’est en allant chez se faire coiffer chez un réfugié alsacien qu’il commence à parler de ses interrogations sur la guerre et ce qu’il voit autour de lui. Petit à petit, il rentre dans la résistance dans le réseau dudit coiffeur contre son armée et son propre pays.
Devant les actions de ses collègues et la découverte des agissements de l’état major de son armée, Hans ne peut plus cautionner cela. Sa conscience l’appelle à résister et à aider les Français. Il entrainera à sa suite Eberhard et Hälker.
Cependant, nous pouvons nous demander quelles répercussions ses actes ont eu car il a tout de même fourni des armes qui ont servi à tuer ses compatriotes.
C’est pourquoi, je comprends qu’il n’ait pas été invité lors du défilé du 14 juillet 1994 célébrant le cinquantenaire de la libération de Paris avec le défilé de l’Europcorps invité par le président François Mitterrand célébrant la réconciliation franco-allemande. Le chancelier Helmut Kohl n’avait pas souhaité sa présence sans doute à cause de cela même si, à la base, Hans Heisel a lutté pour la paix et l’harmonie entre ces deux peuples.

Un soldat allemand dans la résistance française
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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 08:06

  • Auteur : Annelise Heurtier
  • Broché: 217 pages
  • Editeur : Casterman (29 mars 2013)
  • Collection : ROMANS GRAND FO
Description de l’ouvrage :
Extrait
Mai 1954

Ms Carter jeta un regard circulaire dans la classe. C'était une petite femme gironde, au regard clair et pénétrant, qui enseignait au lycée Horace-Mann depuis une dizaine d'années. Elle demanda :
- Alors ? Est-ce que l'un d'entre vous souhaite se porter volontaire ?
Personne ne répondit. Une mouche entra par la fenêtre ouverte et fila droit sur le professeur, qui la chassa d'un mouvement de bras.
Après quelques secondes d'attente, Ms Carter rassembla les feuilles étalées devant elle et les classa dans une chemise de carton gris.
- Très bien. Alors passons à autre chose.
La mouche revint zigzaguer autour des cheveux du professeur, avant de se poser sur un coin de son bureau.
C'est à ce moment-là que Molly Costello sentit son bras se lever. D'abord doucement, puis plus sûrement, jusqu'à ce qu'il atteigne sa position définitive, l'index pointé vers le plafond décrépi.
Ms Carter, occupée à distribuer des polycopiés, ne la repéra pas tout de suite. C'est Trevor Forman, un redoublant de treize ans, qui le lui fit remarquer :
- Hey, Molly, t'es cinglée ou tu veux juste signaler que le plafond est complètement pourri ?
Quelques rires fusèrent et Ms Carter fit volte-face, laissant tomber ses lunettes sur sa blouse amidonnée. Elle lança à la jeune fille un regard interrogateur :
- Oui, Molly ? Que se passe-t-il ?
- Je suis d'accord.
- D'accord pour quoi ?
- Pour tenter l'expérience.
Ms Carter s'immobilisa. Les sourcils froncés, elle fixait Molly, qui eut du mal à interpréter son comportement. Surprise ? Fierté ? Inquiétude ou désapprobation ?
- Tu en es bien sûre ?
Molly hocha la tête, sous l'oeil médusé de ses camarades. À ses côtés, son amie Suzanna chuchota :
- T'es pas sérieuse ? Tu vas pas faire ça ?
Molly haussa les épaules. Après tout, elle ne risquait pas grand-chose. Entre une décision de justice et la réalité, il y avait un monde à traverser.
Et puis, qui sait ? Si jamais ça se produisait, c'était quand même un truc à ne pas laisser passer.
Biographie de l'auteur :
Quand Annelise Heurtier était une fringante ado (sans rides, sans chef et sans enfants !), elle partageait son temps entre les compétitions de gymnastique, le lycée et les bouquins. Elle lisait à peu près tout ce qui me tombait sous la main ! Maintenant qu'elle est une raisonnable maman de trente-quatre ans, elle se sent bien trop vieille pour jouer les aventurières sur une poutre, alors, en plus de continuer à lire, elle s'est mise à écrire ! Et le plus fou, c'est que ça a marché, la preuve, vous venez de terminer un de ses romans. Prêt à recommencer ?

Annelise Heurtier signe avec Sweet Sixteen, après Le Carnet rouge et La Fille aux cheveux d'encre, son troisième roman chez Casterman. Elle habite à Papeete, en Polynésie française.
Cf : Amazon.fr
Mon avis :
Annelise Heurtier nous emmène en 1957 à Little Rock dans l'Arkansas où la ségrégation bat son plein. Cette année là, la ségrégation dans les écoles est abolie et le maire doit intégrer 9 Afro-Américains dans un lycée avant réservé exclusivement aux Blancs. Le gouverneur s'en mêla tout comme la garde nationale puis le président Eisenhower lui-même qui envoya l'armée pour assurer la sécurité de ces 9 élèves.
Constamment harcelés, les neuf élèves se voient affecter chacun un militaire de la 101e comme garde du corps. Ils seront baptisés "les neuf de Little Rock".
Ce que l’auteur nous montre dans ce roman est d’une importance capitale selon moi. Nous connaissons tous le pasteur Martin Luth King Jr, Rosa Parks et leur lutte pour la reconnaissance des droits civiques des Afro-Américains surtout dans les états du sud des Etats-Unis. En revanche, peu de personnes connaissent ces 9 adolescents qui par leur courage et leur abnégation ont, pendant un an, étaient à l’école avec la peur et le harcèlement quotidien tout cela pour faire respecter la loi qui disait que les Noirs et les Blancs avaient le droit d’être éduqués dans les mêmes écoles. C’est leur courage qui est pointé ici, leur force mentale et j’avoue avoir beaucoup d’admiration pour eux car je ne pense pas que j’aurais été capable de subir autant de pression à l’école et en dehors avec des intimidations très violentes.
Il est à noter que l’auteur décrit également le malaise chez certains Blancs via le personnage de Grace qui se questionnent sur la ségrégation qui sévit dans le sud et ceci grâce à la double narration.
C’est la double narration qui, selon moi, donne le plus de force à ce roman. Les deux jeunes filles nous montrent les idées, les envies et l’incompréhension de part et d’autre des deux communautés. Leurs émotions filtrent page après page, happés par les réalités historiques bouleversantes. Elles rendent compte de plusieurs anecdotes du quotidien qui amènent le lecteur à réfléchir (par exemple : le domestique noir présent à une réception mais qui paraît pourtant complètement invisible).
Annelise Heurtier brosse un portrait de l’Arkansas des années 1950 et plus largement de l’Amérique sudiste. Rosa Parks est déjà montée dans le bus et le pasteur Martin Luther King Jr va bientôt intervenir. La lutte pour les droits civiques est en marche et ne s’arrêtera plus. Molly (prénom ré-inventé) en fera également partie.

Sweet sixteen
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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 13:05

  • Auteur : Agnès de Lestrade
  • Broché: 61 pages
  • Editeur : Editions du Rouergue (29 mai 2013)
  • Collection : DoAdo
Description de l’ouvrage :
«Tu te souviens, Violette, il faisait chaud cet été là. Nous étions parties en vacances chez ta grand-mère, en Provence. C'était l'été de nos quatorze ans.»

Parfois, on devient amie avec une fille qui ne nous ressemble pas du tout.
Oui est même notre parfait opposé. Parfois aussi, on se laisse éblouir par les apparences.
Et il suffit de quelques jours ensemble pour découvrir son autre visage...

Blanche et Violette sont les meilleures amies du monde, pourtant elles ne se ressemblent en rien. Violette est une fille brillante en classe, charmeuse et gaie, dont le père est un médecin réputé. Blanche est à l'inverse réservée et timide, au point qu'elle ne comprend pas pourquoi Violette s'est un jour intéressée à elle, et pourquoi elle l'invite à passer ses vacances, dans la maison de sa grand-mère, en Provence. Pour elle, qui vit en Normandie et dont les parents, restaurateurs, ne peuvent partir en vacances, cela s'annonce comme un été de rêve. Tout commence parfaitement : la maison est magnifique, perchée sur la colline, avec sa piscine et la rivière proche. Pourtant dès le début, Violette se révèle agressive, parfois même avec sa grand-mère. Ses changements d'humeur déconcertent Blanche. Un jour c'est Violette la lumineuse, un autre Violette la tumultueuse. Comme si deux personnes s'affrontaient en elle. Qui est vraiment Violette ? Blanche va bientôt découvrir la face cachée et sombre de son amie... Un jour, elles font la connaissance d'un garçon, Romain, qui pêche au bord de la rivière. Et ce garçon pose son regard non sur Violette la charmeuse mais sur l'adolescente la plus discrète, Blanche... Dans ce court roman, Agnès de Lestrade met en scène avec beaucoup de doigté un personnage d'adolescente souffrant de problèmes psychologiques graves. C'est toute l'ambiguïté des relations amicales à l'adolescence qu'elle explore, ce qui devrait plaire aux jeunes lectrices.


L'auteur :

Agnès de Lestrade est née en 1964. Elle vit en pleine campagne, au bord de la Garonne. À Barie (Gironde). Journaliste pour les rubriques "Créateurs" et "La maison atelier" à Créamania, elle est aussi auteur de jeux de société et animatrice en art plastique et en musique. Son premier livre. La fille qui ne voulait plus cracher, est paru en 2003 à L'École des Loisirs. Depuis, elle publie chez d'autres éditeurs tels que La Joie de Lire, Milan (L'arbre à pluie). Tourbillon, Nathan (Le livre qui rend chèvre) ou le Rouergue où elle est l'auteur de deux albums et de plusieurs romans dans la collection Dacodac ou Zig zag dont le dernier : Mon père est une saucisse (avril 2013).
Cf : Amazon.fr
Mon avis :
Ça va être difficile de donner mon avis (puis d'écrire une chronique sur mon blog) concernant ce très court roman. Dire que c’est un roman sur l’amitié ne serait que partiellement véridique. Dire que c'est un livre sur une maladie mentale non nommée serait également tronqué la vérité. C'est plutôt un mélange des deux et le moins que je puisse dire c'est que l'auteur a réussi son coup : me faire refermer le livre tout en restant perplexe sur la relation entre ces deux filles.
Ce récit est intense psychologiquement et relate les troubles de la personnalité qui handicapent l’adolescent mais également toute sa famille ; ce qui est très bien décrit ici.
Ce livre est l’exemple type du roman dont il ne faut pas se fier à la couverture.
La fin est froide mais terriblement réaliste et émouvante.
A découvrir !!

Il faisait chaud cet été là
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Published by Melainebooks - dans Le Rouergue Maladie mentale
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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 12:55

Sophie Scholl

  • Auteur : Jean-Claude Mourlevat
  • Broché: 96 pages
  • Editeur : ACTES SUD (6 février 2013)
  • Collection : Ceux qui ont dit non

Description de l’ouvrage :

En 1942, un groupe d'étudiants allemands fonde un groupe de résistance au nazisme qu'ils appelleront "La rose blanche". Sophie Scholl et son frère Hans en sont des animateurs actifs et courageux. Ils seront tous les deux arrêtés et exécutés après avoir lancé des tracts de protestation dans la cour de l'Université de Munich. Aujourd'hui en Allemagne, de nombreuses écoles et rues portent le nom de Sophie Scholl.

Biographie de l'auteur :

Parce que l'Allemagne est un pays cher à son coeur, Jean-Claude Mourlevat a toujours admiré le courage des jeunes résistants allemands qui ont risqué leur vie pour combattre la bête immonde du nazisme. Le romancier nous fait partager avec pudeur son émotion. Pour que personne n'oublie jamais le destin du groupe de La Rose blanche.

Cf : Amazon.fr

Mon avis :

Ce roman, de la collection « Ceux qui ont dit non », est construit comme les autres : en forme de docu-fiction. Ici, c’est sur la Rose blanche et particulièrement Sophie Scholl. Ce mouvement de résistance allemand est composé d’étudiants de l’université de Munich avec l’aide de leur professeur Kurt Huber. Nous trouvons donc : Hans Scholl, Sophie Scholl, Christoph Probst, Willi Graf, Alexander Schmorell et Kurt Hubert (docteur et professeur).

Jean-Claude Mourlevat focalise uniquement sur Sophie, son implication, son courage jusqu’au jour du jeudi 18 février 1943 et son arrestation avec son frère dans les couloirs de l’université puis leur procès et l’exécution qui suivront.

Sophie Scholl s’est battue pour la liberté de pensée, celle des âmes mais également des corps. Elle a refusé d’être lâche et de rester passive. Elle savait ce qu’elle encourait si elle résistait contre le parti Nazi : la peine capitale pour haute trahison.

Pourtant, c’est avec et pour ce leitmotiv de « Vive la liberté » qu’elle a risqué sa vie, pour ses convictions, pour sa « conscience » comme elle disait. Elle a refusé de détourner le regard et de se taire face à la loi du plus fort imposée par les Nazis.

Son courage restera un exemple tout comme les tracts de la Rose blanche dont le 6ème arriva en Angleterre via la Scandinavie et fut largué en juillet 1943 au-dessus de l’Allemagne par la Royal Air Force à 5 millions d’exemplaires contre les quelques centaines distribués à la mai par les membres du réseau.

Sophie Scholl, une conscience, un exemple à suivre.

Sophie Scholl : "Non à la lâcheté"
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